La terre de mes ancêtres • Camille et Sonia 1

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Camille reprit sa conversation avec Sonia.
– Écoute moi, je ne peux pas te dire grand-chose maintenant, parce que je n’en sais rien moi-même, mais je pense que je pourrais peut-être te venir en aide. Tu as trouvé du travail ?
– Du travail ? Tu parles. Dès qu’ils apprennent que tu sors de taule, ils te disent non merci ! Sans façon ! répondit Sonia d’un ton amer. Ses yeux se brouillèrent de larmes. J’étais bien avec Martine, j’aurais dû y rester, là-bas.
– Ne dit pas de sottises, s’il te plaît. Reviens me voir demain après-midi, j’aurais peut-être des nouvelles pour toi. En attendant, tu vas prendre une chambre au petit hôtel du coin, je ne veux pas que tu restes dehors.

Camille sortit son porte-monnaie, prit deux billets de cinquante euros et les tendit à Sonia qui recula sur sa chaise comme si elle s’était brûlée.
– Non, je peux pas ! Je veux pas, Camille !
– Écoute moi bien tête de mule, tu es bien venue me voir en espérant un coup de main, je me trompe ? Et maintenant tu dis non ? Pourquoi ? Par fierté ? Ma fierté, je l’ai perdue il y a un an et demi. Mais pas mon honneur. Il faut savoir accepter les choses qui nous sont offertes, simplement. Et les rendre le jour où tu vois quelqu’un ayant besoin d’aide. C’est ça la vraie vie, ne pas garder pour soi ce que la vie nous offre. Cela ne veut pas dire tout donner, cela signifie simplement, apporter une aide selon ses moyens. Ni plus, ni moins. Et tu verras, tu t’apercevras que ce que tu as donné, tu le recevras d’une autre façon. Si tu savais, Sonia ! Accepte, s’il te plaît, en souvenir des bons moments que tu m’as fait passer.
. . . « La terre de mes ancêtres » Alain Minet